Pierre-André Page au Canada

23 avril 2026

Pierre-André Page, le plus haut dirigeant suisse : «Patience jusqu'au changement aux Etats-Unis».»

Source : SRF news online / Auteur : Gian Paolo Driussi / RSI

18.04.2026, 21:20 heures

Au vu des relations tendues avec son important partenaire commercial, les Etats-Unis, la Suisse se tourne de plus en plus vers des alternatives. Une délégation parlementaire suisse, menée par le président du Conseil national Pierre-André Page (UDC/FR), s'est rendue au Canada pour y rencontrer le Premier ministre Mark Carney. Il a été question, entre autres, de l'actualisation de l'accord de libre-échange conclu entre les deux pays en 2009.

«En attente d'un changement» : Trump a également été évoqué au Canada

«Face aux problèmes qui sont apparus avec Donald Trump, je me suis dit qu'il fallait aller là-bas pour trouver d'autres marchés, d'autres accords et des contacts au-delà des États-Unis», explique Page dans une interview à la Radio Télévision Suisse italienne (RSI).

Pierre-André Page, avez-vous déjà obtenu des résultats lors de votre rencontre avec le Premier ministre Mark Carney mardi dernier ?

De Carney, je me souvenais de son discours au WEF à Davos, lorsqu'il avait eu le courage de dire ce que beaucoup pensaient : «Si tu ne t'assieds pas à la table des négociations, tu finiras au menu». Lorsque je lui ai parlé de cela maintenant, il n'a pas pu s'empêcher de rire. Mais il a aussi tout de suite compris la signification de ces mots pour nous. Je lui ai expliqué que la Suisse avait récemment signé de nombreux accords avec l'Asie et que nous devrions mettre à jour l'accord de libre-échange avec le Canada. Je pense que nous avons réussi à le sensibiliser à ce sujet. Notre message est passé : qu'il est important d'investir aussi en Suisse et que le Canada peut devenir une priorité pour nous.

Je ne pense pas qu'il soit possible de travailler de manière stable avec Trump.Auteur:Pierre-André PagePrésident du Conseil national

Concrètement, comment l'accord de libre-échange avec le Canada doit-il être mis à jour ?

Nous devons par exemple nous attaquer à la question de la double imposition. Il y a aussi des difficultés dans le domaine de l'agriculture. En tant qu'agriculteur, j'étais bien placé pour aborder le sujet. Je lui ai dit que nous étions ouverts au dialogue, mais que des compensations étaient également nécessaires. Ni notre agriculture ni l'agriculture canadienne ne doivent en souffrir. Maintenant, nous transmettons la balle au Secrétariat d'État à l'économie et aux conseillers fédéraux compétents.

Avez-vous demandé conseil à Mark Carney sur la manière de traiter avec Trump ?

Non, mais je pense qu'au Canada, on voit les choses de la même manière : qu'on peut lui parler, mais que deux heures plus tard, on doit s'attendre à l'exact contraire de ce qu'il a dit. C'est ce qu'ils nous ont confirmé. Pour la Suisse, il est important d'entretenir de bons contacts avec les États-Unis afin d'éviter de nouveaux droits de douane. Mais je ne pense pas que l'on puisse travailler avec Trump de manière stable et prévisible à long terme. Il faut essayer de préserver ce qui existe déjà, sans le provoquer. Jusqu'à ce qu'il y ait un changement à la présidence. Je suis peut-être un peu direct, mais je pense que la patience est la vertu la plus importante dans les relations avec les États-Unis.

Lien vers l'article original : https://www.srf.ch/news/dialog/hoechster-schweizer-pierre-andre-page-geduld-bis-zu-wechsel-in-den-usa

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